Ou bien, comme l'enfant mort-né qui est resté caché, je n'existerais pas, pareil aux tout-petits qui n'ont pas vu la lumière. Là, les méchants cessent de s'agiter, là se reposent ceux qui sont fatigués, sans force. Les prisonniers s'y retrouvent tous en paix, ils n'entendent plus la voix de l'oppresseur. Là, petits et grands sont réunis, l'esclave n'est plus soumis à son maître.
Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à celui qui souffre, la vie à ceux qui connaissent l'amertume, qui attendent sans succès la mort et la recherchent plus qu'un trésor, qui se réjouiraient, tout heureux et ravis, s'ils trouvaient le tombeau, à l'homme incapable de savoir où aller et que Dieu cerne de tous les côtés?
En effet, la seule nourriture qui se présente à moi, ce sont mes soupirs, et mes cris de détresse déferlent comme l'eau. Ce dont j'ai peur, c'est ce qui m'arrive; ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos; c'est la tourmente qui survient.»